la part du Québec
dans le déboisement de la planète
se fait d'abord
par une armée de bûcherons
datant des années 1930
les photos de chantiers d'André Cloutier
illustrent à merveille
certains
textes de la Flore laurentienne (1935)
la situation décrite par Marie-Victorin
s'explique d'elle-même en observant
ces images de la même époque
Internet, an 2000. Michel Dessureault réagit au texte ci-haut, il m'autorise à publier. Nous assistons à une discussion entre le doyen de la Faculté de foresterie et géomatique de l'Université Laval, à Québec, et l'auteur de la
Flore laurentienne, le frère Marie-Victorin (1885-1944).
Michel Dessureault réagit
Étant forestier de profession et depuis 25 ans professeur dans la
seule école de foresterie de niveau universitaire au Québec, où l'on
forme les ingénieurs forestiers, j'ai sursauté à la lecture de votre
dernier message sur le "déboisement".
Michel Dessureault, professeur titulaire, Département des sciences du bois et de la forêt Ph.D., University of New Hampshire, 1974
Le terme « déboisement » n'a rien à voir avec le travail du bûcheron.
Lorsqu'il coupe la forêt, le bûcheron récolte des arbres qu'on utilisera pour faire du papier, des meubles, des maisons, etc., mais
il s'assure que la forêt repoussera; ce qu'elle fait tout
naturellement dans la plupart des cas parce qu'on attend qu'il y ait
tout plein de semis déjà installés avant de procéder à la coupe. Lorsque la forêt ne repousse pas d'elle-même, on l'aide en plantant des arbres.
Au Québec, la loi oblige l'exploitant forestier à faire en sorte
qu'il y aura à nouveau une forêt après la récolte. C'est le rôle de
l'ingénieur forestier de s'assurer qu'on puisse utiliser non
seulement le bois mais toutes les autres ressources de la forêt pour
le mieux être de l'ensemble de la société tout en garantissant sa
pérennité pour les générations futures.
Je ne crois pas être tellement en désaccord avec Marie-Victorin qui fait référence au déboisement de la planète pour satisfaire nos besoins d'espace pour d'autres fins dont l'agriculture. Il y fait explicitement référence, dans les dernières lignes, au bas de la page 76, de la Flore laurentienne.
Champ de blé, Saint-Prosper-de-Champlain, le dimanche 6 août 1998. Photo 98080213.
Mais c'est plutôt, à mon avis, le cultivateur qui « abat la
forêt pour créer en son lieu des champs de blé. »
Pour moi le vrai bûcheron c'est le travailleur de la forêt, celui qui cultive la forêt; ce qu'ont été plusieurs de nos ancêtres, et même nos pères dans bien des cas, et dont nous devons être fiers, celui à qui rend hommage le musée du bûcheron de Saint-Jean-des-Piles, près de
Grand-Mère en Mauricie, celui enfin qu'ont célébré les Lionel Groulx, Albert Tessier et autres.
Je ne pouvais m'empêcher de réagir
courriel de Michel Dessureault Ph.D.
le mardi 22 mars 2000
le lundi 27 mars 2000 constante mouvance de mes paysages intérieurs
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