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A Saint-Stanislas, les hommes de la famille Marcotte bâtissent un "campe", à plus de dix kilomètres en amont du village, sur une concession accordée par la compagnie forestière Consolidated Paper Corporation (en anglais). De novembre à mars, les bûcherons cordent leurs billots au bord de la rivière gelée. Menuisier/bûcheron/rafteurAu printemps, le menuisier/bûcheron devient « rafteur ». Pour le transport de son bois par la rivière, il fixe un œillet à chaque billot. Il enfile un câble dans les œillets et forme un train flottant nommé "raft".
De la concession à l'embouchure de la rivière aux Envies, de sa « flat », le menuisier bûcheron rafteur tire, pousse, suit ou devance sa raft aux humeurs des vents et la rivière. Le bois passe un mois à l'eau avant d'être débité en madriers. L'eau dégomme le pin et lui donne une grande qualité. « les bois d'hiver, trempés à l'eau, se travaillent mieux et salissent moins les outils »Un jour sans vent, des chevaux tirent les câbles de la raft, de l'embouchure de la rivière des Envies, jusqu'au moulin Cossette. Au moulin, on débite les arbres aux dimensions voulues. Raft : train flottant composé de billots de 12 ou 16 pieds, retenus ensemble par un câble passé dans l'œillet de chaque billot Cajeux : radeau formé de billots, guidé par des gaffes Doyle : œillet ou crampe fixé au billot Escousse : un bout de temps Menuisier/artisanMenuisier sur banc, Gédéon Marcotte, le père, apprend le métier par lui-même. Il enseigne à ses fils. Aux temps des chevaux, les artisans fabriquent surtout des skis et des attelles.Le gros des commandes arrive à l'automne, avant la neige. L'habitant répare ou commande les traîneaux de chantier.
Gédéon Marcotte tient le cap jusqu'à 80 ans. Un de ses fils travaille une « escousse », les autres à temps partiel. Seul Lionel tient le temps. Bois d'œuvreDans la cour de la boutique, soigneusement empilés, bien aérés, les madriers sèchent au moins deux ans.
La porte moustiquaire de la cuisine d'été ainsi que plusieurs fenêtres de ma maison, viennent de la boutique de Lionel Marcotte de Saint-Stanislas. À l'année longueDernier artisan de la famille, Lionel Marcotte ne travaille plus. Il souffre d'asthme depuis quelques années.
Lionel Marcotte joue aux cartes, fait des casse-tête et lit, à l'année longue. Nostalgique peut-être, il fait le tour de sa grande boutique tous les jours. Donnant donnantDes enfants de Sainte-Anne-de-la-Pérade, village voisin de Saint-Stanislas, illustrent la rivière, les chevaux, le chantier et la "raft". Leurs ancêtres pratiquent ces activités chez eux, sur la rivière Sainte-Anne. Un scénario repris sur tant d'autres cours d'eau, moulins et boutiques, à travers toute la Québécoisie.
Le flottage des billots | Les chevaux | En canot
élèves de Suzanne Langlois, 3e année primaire Foresterie
Palper la démesure
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