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Nichole Ouellette

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Art de vivre au Québec
L'artisan et le bois


Menuisier et bûcheron

Des premiers colons jusqu'à nos pères, le menuisier et artisan pratique d'abord le métier de bûcheron. Tard à l'automne, quand le gel ferme sa boutique, il fait chantier aux concessions pour la cueillette de sa matière première : les arbres, le bois.

Rivière Batiscan

Saint-Stanislas-de-Kostka-de-la-rivière-des-Envies, le mardi 11 novembre 1997. Photo 971111/0a
dans Internet
le site du Village du bûcheron illustre l'épopée des chantiers

A Saint-Stanislas, les hommes de la famille Marcotte bâtissent un "campe", à plus de dix kilomètres en amont du village, sur une concession accordée par la compagnie forestière Consolidated Paper Corporation (en anglais).

De novembre à mars, les bûcherons cordent leurs billots au bord de la rivière gelée.


Menuisier/bûcheron/rafteur

Au printemps, le menuisier/bûcheron devient « rafteur ». Pour le transport de son bois par la rivière, il fixe un œillet à chaque billot. Il enfile un câble dans les œillets et forme un train flottant nommé "raft".


Photo collection Janine T.-Massicotte.
rivière Batiscan
vers 1920

un noyé dans un canot

en bas : une « flat »
chaloupe à rames utilisée pour descendre la « raft »

De la concession à l'embouchure de la rivière aux Envies, de sa « flat », le menuisier bûcheron rafteur tire, pousse, suit ou devance sa raft aux humeurs des vents et la rivière.

Le bois passe un mois à l'eau avant d'être débité en madriers. L'eau dégomme le pin et lui donne une grande qualité.

« les bois d'hiver, trempés à l'eau, se travaillent mieux et salissent moins les outils »
Un jour sans vent, des chevaux tirent les câbles de la raft, de l'embouchure de la rivière des Envies, jusqu'au moulin Cossette. Au moulin, on débite les arbres aux dimensions voulues.
Raft : train flottant composé de billots de 12 ou 16 pieds, retenus ensemble par un câble passé dans l'œillet de chaque billot

Cajeux : radeau formé de billots, guidé par des gaffes

Doyle : œillet ou crampe fixé au billot

Escousse : un bout de temps


Menuisier/artisan

Menuisier sur banc, Gédéon Marcotte, le père, apprend le métier par lui-même. Il enseigne à ses fils. Aux temps des chevaux, les artisans fabriquent surtout des skis et des attelles.

Le gros des commandes arrive à l'automne, avant la neige. L'habitant répare ou commande les traîneaux de chantier.

le menuisier sur banc travaille en dedans

Gédéon Marcotte, mai 1970.
« des affaires de traîneaux, y en avait pas un pareil,
chacun faisait son modèle »

Gédéon Marcotte tient le cap jusqu'à 80 ans. Un de ses fils travaille une « escousse », les autres à temps partiel. Seul Lionel tient le temps.


Bois d'œuvre

Dans la cour de la boutique, soigneusement empilés, bien aérés, les madriers sèchent au moins deux ans.


Lionel et son père Gédéon Marcotte
mai 1970.
découpé en planches, le bois d'œuvre sert à la fabrication des portes, des fenêtres, et autres

« on forçait pas sur les planches ben larges, fallait les fendre parce qu'une planche large tend à arrondir »

La porte moustiquaire de la cuisine d'été ainsi que plusieurs fenêtres de ma maison, viennent de la boutique de Lionel Marcotte de Saint-Stanislas.


À l'année longue

Dernier artisan de la famille, Lionel Marcotte ne travaille plus. Il souffre d'asthme depuis quelques années.


Mardi 11 novembre 1997. Photo 971106/13.
« j'ai ben assez mangé de poussière »

Lionel Marcotte joue aux cartes, fait des casse-tête et lit, à l'année longue. Nostalgique peut-être, il fait le tour de sa grande boutique tous les jours.


Donnant donnant

Des enfants de Sainte-Anne-de-la-Pérade, village voisin de Saint-Stanislas, illustrent la rivière, les chevaux, le chantier et la "raft". Leurs ancêtres pratiquent ces activités chez eux, sur la rivière Sainte-Anne. Un scénario repris sur tant d'autres cours d'eau, moulins et boutiques, à travers toute la Québécoisie.

Le flottage des billots | Les chevaux | En canot
donnant donnant:

je raconte une histoire
les enfants dessinent ce qu'ils retiennent
je publie les dessins dans Internet

élèves de Suzanne Langlois, 3e année primaire
école Madeleine de Verchères, Sainte-Anne-de-la-Pérade


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    le lundi 16 novembre 1998
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