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Nichole Ouellette

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CHRONIQUE HEBDOMADAIRE

Art de vivre au Québec
Coffre d'espérance


Marie-Anne Godin, ma grand-mère

À l'Acadie, au grenier de la maison ancestrale, dans le coffre de ma grand-mère, il y a encore une nappe tissée en lin, un couvre-lit brodé, un trousseau de baptême, un châle de soie, des dentelles, des frivolités, une longue laize de plancher, des vieilles photos jaunies et trois lettres d'amour.

en 1905
Marie-Anne a 18 ans

robe blanche
et volants de dentelle

éduquée et instruite
chez les sœurs Sainte-Anne

diplômée en musique
en lettres et sciences

accompagnatrice au piano
dans les veillées

Marie-Anne Godin (1887-1939)

Photo Studio Pinsonnault, Saint-Jean-sur-Richelieu.

Très instruite pour son temps, de belle éducation, Marie-Anne Godin était la fille de Jean-Baptiste Godin et de Délima Poissant, l'épouse de David Brosseau (1884-1946), la mère de Marie-Rose, Joseph (Jos), Albert, Maurice, Jeanne, Simone et Madeleine.

Désistement de jouissance par dame Angélique Parent.


Voyons donc !

Premiers jours d'octobre 1997, une étude du Bureau de la statistique du Québec titre:

« Au cours des prochaines décennies, les femmes occuperont les postes de directions et les emplois supérieurs dans tous les secteurs, parce qu'elles seront plus instruites que les hommes. »

En 1796, l'Irlandais Isaac Weld voyage pour comprendre le Canada.
Isaac Weld écrit:

« On rencontre parmi les Canadiens très peu d'hommes qui sachent écrire. Ce sont les femmes qui possèdent le peu d'instruction que l'on trouve dans le pays. »

Aujourd'hui, comme aux temps de la colonie et de nos grand-mère, les filles s'instruisent plus que les garçons.

Jusqu'à preuve du contraire, les hommes détiennent majoritairement les pouvoirs de l'argent, les postes de directions et les emplois supérieurs dans tous les secteurs !


Coffre d'espérance

Ancêtre de tous nos meubles, le coffre tient une grande importance dans l'histoire du Québec. En Mauricie, il se nomme coffre d'espérance.

Le plus souvent, le coffre prend l'aspect d'une boîte rectangulaire.

de larges planches de pin forment
les côtés
le fond
le couvercle plat
les pentures et les barrures de fer
proviennent de la forge
Nos meilleurs artisans ébénistes produisent de véritables chefs-d'œuvre. On en déniche rarement d'authentiques chez les antiquaires. Les coffres assemblés en queue-d'aronde, aux coins renforcés de métal, incrustés de bois, ornés de motifs géométriques, losanges, pointes de diamants, panneaux soulevés et moulures complexes enrichissent les collections particulières et celles des musées.


Facture artisanale

Chez l'habitant, le coffre présente une allure massive, peu ornée, à piètement droit et simple. Il se retrouve communément dans le grenier ou dans la chambre à coucher. Il sert de banc et à grimper dans les lits.

Les coffres renferment les trésors de la famille.
L'étoile de Bethléem

Réalisée par madame Alexis Surprenant, vers 1977.
Sainte-Sabine. Photo 970823/17.
piquées à la main
les courtepointes
couvrent les lits


La coutume

Vers l'âge de 13-14 ans, une jeune fille commence à garnir son trousseau. À l'occasion de ses fiançailles, la tradition veut que sa famille lui offre un coffre en cadeau.

Selon les moyens financiers et les aptitudes de chacun, on achète ou on fabrique le coffre. Le magasin général et le moulin à scie proposent des choix.

Dans nos campagnes, le père de la fiancée ou quelque homme de la famille bûche un pin blanc sur sa terre à bois. Le moulin à scie débite l'arbre en larges planches. Certains, comme le moulin Mayrand des Grondines, construisent des coffres.

Assemblés au moulin à scie ou à la maison, les coffres comme les chaises d'habitant sont équarris à la hache.

Photo 970823/18a.
dans la boutique
le fiancé construit le coffre

sur une chaise d'habitant à fond de babiche la promise crochète sagement une nappe de dentelle

au métier
une aînée tisse une catalogne

À leurs premières armes, les amoureux décorent coffres et broderies d'appliques naïves: de losanges, d'étoiles, de cœurs, d'initiales, de canards.

On retrouve rarement une signature et une date, seule la tradition orale permet de connaître l'auteur des pièces.

La coutume impose de garder secret le contenu du coffre d'espérance jusqu'au jour des noces.

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le 17 octobre 1997
constante mouvance de mes paysages intérieurs


 

45° 26' 00" N - 73° 10' 00" O, Montérégie, MRC Rouville, Marieville, mon berceau, le samedi 7 septembre 1940. Nichole 3 mois, novembre 1940. Photos Berceau_1940_09_07_350 - Nichole_3_mois_350.
 
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