Nichole Ouellette

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CHRONIQUE HEBDOMADAIRE
Art de vivre au Québec
Printemps
Exubérance printanière
l'eau printanière stagne sur le gel
quand les bouchons de glace cèdent
l'eau se précipite

Saint-Prosper-de-Champlain, le 15 avril 1994. Photo 940414/3. |
les rigoles les fossés
les coulées les ruisseaux
les rivières les chutes
les rapides les torrents
gonflent tonnent
tourbillonnent
grondent charrient
l'eau alimente les sources
les nappes phréatiques
lave le pays |
entre les marées de refoulement
le fleuve déverse le trop-plein
à la mer
un jour sur deux
il pleut à boire debout
avril, de l'eau, de l'eau, de l'eau
À l'heure où le jour adoucit sa lumière, à la fin d'avril, au
vieux quai des Grondines, le printemps étale ses exubérances.
En altitude, le couchant pose des reflets d'or sur les ailes blanches et noires des volées d'oies des neiges.

Grondines, le 25 avril 1994. Photo 940414/16
640 x 480 pixels. | |
En rase-mottes au-dessus des flots, les outardes par milliers dansent un ballet.
Sur l'eau, des légions de canards barboteurs, plongeurs, nageurs, de goélands braillards s'alimentent et se reposent.
De la grève s'élèvent les appels des pluviers, des chevaliers, des bécasseaux.
Sur le rivage, les passereaux préparent la noce. Hirondelles bicolores, grives, orioles du nord s'affairent aux nids. Cris. Bruissements d'ailes. Luttes pour la pitance.
Dans le marécage, une colonie de populage des marais organise sa floraison de mai.
Pureté de l'air. Vent. Morsure du froid.
Du sud, du nord, de l'ouest, les eaux du dégel gonflent le fleuve. Le refoulement des marées d'eau douce transportent des odeurs salines. Le ronron des clapotis raconte des histoires océanes.
Le déferlement des saisons érode le ciment du vieux quai des Grondines.
Texte adressé à Hubert Reeves, le 2 février 1996. J'exprime ma reconnaissance pour le partage de sa vision de l'univers.
Quelle personne !
D'Hubert Reeves, j'apprécie particulièrement le recueil
L'espace prend la forme de mon regard, publié aux Éditions
L'Essentiel inc., Roxboro, 1995.
- Hubert Reeves, La science, c'est plus que du bonbon
- Les distinctions
Je les entends
avant de les voir.
Elles japillent
arrivent par vagues.

Saint-Prosper-de-Champlain, le 22 avril 1994. Photo 940414/14. |
Les
oies déferlent
en longs rubans
ondoyant sous les nuages.
Elles zigzaguent,
zèbrent le ciel. |
Les oies se posent blanches,
sur les labours noirs,
chez moi heureuse d'entendre
et de voir.
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 le vendredi 10 avril 1998
constante mouvance de mes paysages intérieurs
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