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46° 48' 00,3" N - 71° 11' 24,1" O, Lévis.
Lévis (Ville) sentier et route en bordure du fleuve, Appalaches, plis dans la formation rocheuse de la falaise, le jeudi 11 juillet 2002, Levis_20020711_1_950.

Nichole Ouellette

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Chaudière-Appalaches – Lévis

Origine et signification

L'histoire de la ville sœur de Québec, Lévis, élevée sur une falaise abrupte de la rive sud du fleuve Saint-Laurent, juste en face de la Vieille Capitale, est riche. En effet, c'est à partir de Lévis, territoire alors désigné sous le nom Coste de Lauzon, que le général britannique James Wolfe a bombardé Québec en 1759. De plus, y sont nées des personnes aussi illustres que le commandeur Alphonse Desjardins (1854-1920), fondateur des coopératives d'épargne et de crédit en Amérique du Nord, l'écrivain Louis Fréchette (1839-1908) et l'archiviste Pierre-Georges Roy (1870-1953). Le capitaine Joseph-Elzéar Bernier (1852-1934), navigateur et explorateur du Grand-Nord a vécu de nombreuses années dans cette ville. C'est en outre sur le territoire lévisien, plus précisément à la pointe De Lévy, que, suivant la légende, la fameuse cage de fer renfermant le cadavre de Marie-Josephte Corriveau (1733-1763) a été exposée, celle-ci ayant assassiné son mari.

Identifiée entre 1818 et 1861 sous le nom Ville d'Aubigny, en l'honneur de Charles duc de Richmond de Lennox et d'Aubigny, la ville de Lévis créée en 1861 demeure pétrie d'histoire. Son nom rappelle la mémoire de François-Gaston Lévis, duc de Lévis (1719-1787). Celui-ci fut le héros de la bataille de Sainte-Foy en 1760, événement dont on venait de souligner le centenaire en élevant le monument des Braves, en bordure du chemin Sainte-Foy, à Québec. L'appellation « Lévis » a précédemment désigné un comté et un bureau de poste (1854).


46º 48' 39.21" N - 71° 11' 26.13" O, Lévis
Lévis (Ville), section estuarienne du fleuve Saint-Laurent, du navire de croisière N. M. Louis-Jolliet, port et chantier naval de la MIL Davie, le dimanche 11 août 2002, 20020804_13_800.

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Anciennement, les Lévisiens étaient très renommés pour le commerce du bois, le blocus continental de Napoléon (1806-1811) ayant favorisé cette industrie au Canada où l'Angleterre s'alimentait.

Par la suite, on s'est spécialisé dans la construction de navires et de bateaux remorqueurs surtout. À une période donnée, Lévis a constitué un important centre ferroviaire pour le Canadien National, le Quebec Central Railway ainsi que le Lévis and Kennebec Railway, en 1876. À l'ère moderne, Lévis a passé aisément de fonction de ville-dortoir à celle de centre commercial qui en fait la métropole de la Rive-Sud depuis les années 1970. À quelques kilomètres au nord-est du territoire de Lévis, face à l'île d'Orléans, sur la rive sud de Québec, s'étend l'ancienne ville de Lauzon. Érigée en 1867 sous le statut de municipalité de village, elle devait obtenir le titre de ville en 1910, celui de cité en 1957 et reprendre celui de ville en 1980, jusqu'à ce que celle-ci et Lévis fassent l'objet d'une fusion en septembre 1989. Deux ans plus tard, la fusion de Lévis-Lauzon et de Saint-David-de-l'Auberivière était reconnue; Lévis devenait la dénomination de l'ensemble. En 1924, le territoire lauzonnais avait déjà bénéficié d'une substantielle augmentation de son étendue par suite de l'annexion du village de Bienville créé en 1863

Avant 1867, le territoire répondait au nom Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy, la seconde partie de cette appellation ayant été attribuée par Champlain lui-même en 1625. Lauzon rappelle la mémoire de Jean de Lauson (Paris, 1586 - Québec, 1666) - la graphie actuelle comporte un « z » en vertu d'un usage séculaire ‑, premier concessionnaire de la seigneurie de Lauzon, en 1636. D'ailleurs on rapporte que Lauson a usé de subterfuges pour obtenir celle-ci, se servant de Simon Le Maître en guise de prête-nom. Celui-ci se porte acquéreur des titres seigneuriaux qu'il remet à Lauson, onze jours après les avoir achetés. Jean de Lauson a également rempli les fonctions de gouverneur de la Nouvelle-France de 1651 à 1656, de conseiller au parlement de Paris, de premier directeur de la Compagnie des Cent-Associés. Le premier colon lauzonnais est le célèbre Guillaume Couture qui s'installe en ce lieu le 15 mai 1647. Père de quatorze enfants, il laissera plus de 60 000 descendants en Amérique du Nord.


46° 48' 39.21" N - 71° 11' 26.13" O, Lévis
Lévis (Ville), section estuarienne du fleuve Saint-Laurent, du navire de croisière N. M. Louis-Jolliet, port et chantier naval de la MIL Davie, le dimanche 11 août 2002, 20020804_11_800.

En 1759, le général anglais James Wolfe attaquera Québec à partir de la rive sud du fleuve et l'église de Lauzon lui servira, à ce moment-là, d'hôpital pour les soldats blessés. Riche d'importants chantiers navals, Lauzon compte le lieu historique national du Fort-Numéro-Un-de-la-Pointe-de-Lévy, l'un des trois ouvrages construits entre 1865 et 1871 pour assurer la défense de Québec.

Quant à Saint-David-de-l'Auberivière, qui occupe le secteur sud-ouest du territoire, près de Saint-Romuald, elle formait il y a peu une charmante ville à vocation résidentielle où le secteur industriel se révélait peu présent, à l'exception des activités reliées à l'excavation et à la construction. À l'origine, le territoire, rattaché à la paroisse de Saint-Joseph-de-la-Pointe-de-Lévy, recevait ses premiers défricheurs dès 1694.

D'abord érigée comme municipalité de paroisse en 1876, Saint-David-de-l'Auberivière a obtenu son statut de ville en 1962. Sa dénomination reprend celle de la paroisse de Saint-David-de-l'Aube-Rivière, détachée de Notre-Dame-de-la-Victoire en 1875. Elle devait porter le nom Saint-David-de-Daulac, projet dénominatif n'ayant pas connu de suite concrète. À noter qu'anciennement on utilisait la graphie Saint-David-de-Lauberivière et, plus fréquemment, la dénomination tronquée Saint-David. On voulait ainsi rendre hommage à l'abbé Joseph-David Déziel (1806-1882), notamment curé de Notre-Dame-de-la-Victoire (1851-1882), dont le territoire davidois avait été détaché. Ce vaillant prêtre a fondé le collège de Lévis, important collège classique pendant longtemps, ainsi que le couvent et un hospice. Quant à la seconde partie de la dénomination, elle célèbre le souvenir de monseigneur François-Louis de Pourroy de Lauberivière (1711-1740), cinquième évêque de Québec en 1739, qui mourra tragiquement l'année suivante d'une fièvre contractée sur le bateau, lors de la traversée de l'Atlantique en juin de cette année-là. Disparaissait ainsi le plus jeune des évêques de Québec et celui dont l'épiscopat a été le plus bref.

Grâce au chemin de fer et à la traversée du Saint-Laurent, Lévis a toujours contribué à étendre sur les régions situées au sud du fleuve l'influence de l'agglomération québécoise. Quelque peu atténué par la construction des ponts sur le fleuve, qui entraînera notamment le déclin de la fonction portuaire, le rôle de Lévis demeure considérable sur le plan du commerce et des services, financiers, sanitaires et scolaires en particulier. Cette ville entretient des liens amicaux avec Le Grand-Quevilly en France.

Texte extrait de :

Noms et lieux du Québec : si chaque lieu m'était conté (Cédérom multimédia). Commission de toponymie du Québec. Les Publications du Québec, Micro-Intel 1997.

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le dimanche 27 octobre 2002 - le dimanche 14 février 2016
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