46° 34' 00" N - 072° 45' 00" O, Shawinigan.
Shawinigan (Ville), rivière Saint-Maurice, Cité de l'énergie vue du Parc des chutes, île Melville.
Le mercredi 3 mai 2000, photo 000503/1.
La nouvelle ville de Shawinigan a été créée le 1er janvier 2002. Elle est issue du regroupement de la municipalité
de Lac-à-la-Tortue, de la municipalité du village de Saint-Georges, des municipalités des paroisses
de Saint-Gérard-des-Laurentides et de Saint-Jean-des-Piles ainsi que des villes de
Grand-Mère,
de Shawinigan et de Shawinigan-Sud.
Entre Shawinigan-Sud et Grand-Mère, à 120 km à l'ouest de Québec et à une trentaine
de kilomètres de Trois-Rivières en Mauricie, on retrouve la ville de Shawinigan,
implantée sur la rive ouest du Saint-Maurice. Pendant très longtemps, l'endroit était considéré
comme la « première grande chute en remontant la rivière des Trois-Rivières ».
Le père Buteux, qui y arrive en 1651, serait le premier Blanc connu à avoir remonté le Saint-Maurice
jusqu'à cet endroit. Par la suite, les missionnaires desservant le Haut-Saint-Maurice y faisaient halte.
À la fin du XIXe siècle, l'implantation d'une centrale hydroélectrique
contribuera à une rapide croissance économique.
La municipalité du village de Shawinigan Falls
voit le jour en 1901 et accède au statut de ville en 1902. Elle comptait plus de 4 000 habitants en 1911.
Elle recevra le statut de cité en 1958, à l'occasion de l'abrégement de
la dénomination en Shawinigan.
En 1998, la ville de Shawinigan et la municipalité du village
de Baie-de-Shawinigan se regroupaient pour former une nouvelle ville identifiée sous le nom de Shawinigan.
Cette appellation, orthographiée de multiples façons (Chaouinigane, Oshaouinigane, Assaouinigane, Achawénégan,
Chawinigame, Shawenigane, Chaouénigane, graphie fréquemment utilisée dans les textes rédigés au XIXe siècle
par des francophones comme Arthur Buies et Stanislas Drapeau, Shawinigan(e)...),
a été interprétée généralement comme portage du sud; portage aux hêtres; portage anguleux; crête,
sommet de la côte.
On peut également relever la signification de perçoir, aiguille,
laquelle pourrait résulter d'une mauvaise interprétation du mot aiguille qu'il faut voir
ici dans son sens géographique de sommet effilé, de pointe rocheuse et non dans son sens en langue générale
de fine tige d'acier pointue.
La forme Shawinigan apparaît vers 1800 et s'impose grâce à la raison sociale
de la compagnie d'électricité Shawinigan Water and Power, qui se porte acquéreur des chutes
et des espaces adjacents en 1898. On la retrouve notamment attestée sous une graphie curieuse en
1824 dans les Journaux de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada 1823-1824, vol. 33, app. R, alors
que le coureur de bois François Verreault (1760-1825) rapporte qu'à « ... une lieue et demie du côté du Sud,
il y en a un autre [portage] de quinze arpents de long, nommé Shabonigan (Aiguille)... ».
Cette forme pourrait résulter sans doute d'une transcription au son d'un greffier de la Chambre.
En outre, Jean-Baptiste Perrault signale, vers 1830, la forme Chawinigan sur l'une des cartes de son voyage.
Le sens le plus plausible de cet amérindianyme demeure crête, allusion à la crête de rochers
que les Amérindiens devaient franchir quand ils effectuaient le portage des chutes.
En abénaquis, les lieux sont dénommés Azawanigan,
le portage en pente. Étant l'une des premières villes du Québec à jouir de l'éclairage public à l'électricité,
grâce aux chutes, Shawinigan a reçu les titres de Ville lumière et Cité de l'électricité.
Bibliographie :
Noms et lieux du Québec :
si chaque lieu m'était conté (Cédérom multimédia).
Commission de toponymie du Québec. Les Publications du Québec, Micro-Intel 1997.