Art de vivre au Québec
Gaspésie
il reste tant à dire
Gaspésie
été 1995
Dans mon cahier d'école buissonnière, aux coins racornis, je griffonne :
De mon emplacement de camping, j'observe. La brume exécute la danse des 7 voiles autour de l'île Bonaventure. La dame blanche étire un voile et l'arrime à l'île. Elle ondoie du Rocher Percé à la côte.
Les éclaircies allument des lumières où les nuages jouent des transparences. Gris, doux, mouillés, à en perdre le souffle.
Camping de la Côte-Surprise, le lundi 26 juin 1995. Photo 950626/0a.
vue sur le Rocher Percé et l'île Bonaventure de mon hamac suspendu entre des peupliers
Avec de l'émotion dans la voix, les résidents racontent certaines trouées de soleil dans le brouillard. En Gaspésie et à Percé, les variations de température relèvent des légendes. Après un lever de soleil radieux, le brouillard tombe parfois et ne se dissipe pas avant des jours.
Sur le quai de Percé
Les amoureux font comme ci.
Les hommes grenouilles font comme ça.
Quai de Percé, le vendredi 23 juin 1995. Photo 950620/24.
sur le quai de Percé on se promène tous en rond
La pluie, le brouillard consolent les gaspésiens inquiets des feux qui consument les forêts.
Dans ce pays, les oiseaux plongent et nagent, les
baleines arrondissent le dos.
Les nuages adoucissent les angles du Rocher Percé et composent un tableau d'un horizon à l'autre.
Percé, le 24 juin 1995. Photo prise au quai 950624/1.
le 175 346 et La gaffe agile amarrés au quai
Le soleil prépare son lever en dessinant une large ligne rose derrière le Rocher. Au même moment, les moteurs des bateaux de pêche ronronnent au quai. Les oiseaux entament la journée par une cacophonie de chants et de cris.
De la Gaspésie
il reste à dire
les monts Albert et
Jacques-Cartier
les
Chic-Chocs (Shikshoks)
le sentier de la Crevasse
la route des Failles
l'Anse-à-Beaufils
les morues, le travail en allés
les crevettes, les homards
les rorquals, les dauphins
les quais, les marées
les bateaux
Mont Sainte-Anne, le dimanche 25 juin 1995. Photo 950624/14.
avant d'atteindre le sommet du mont Sainte-Anne, une branche du sentier principal s'engage dans une gorge, jusqu'à une grotte
un filet d'eau y coule dans ses mousses et ses fougères
il reste tant et tant à dire
de la Gaspésie, des Gaspésiens
de la mer, des falaises, des grèves
des rivières, des roches sur les terres
de la flore sur les monts