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La reproduction des Iris par semis est très difficile. L'embryon occupe sans la remplir entièrement une cavité creusée dans l'albumen corné, ce qui rend les graines plus légères que l'eau. Cette cavité est obturée par un opercule persistant dont la présence empêche la germination. Dans la nature il est probable que la longue immersion des graines finit par amener la désagrégation de l'opercule ou de la paroi de l'albumen. -Le genre Iris est très homogène, et les espèces ne diffèrent entre elles que par des caractères relativement peu importants. Elles peuvent se répartir assez naturellement en deux groupes suivant la pubescence ou la glabréité des sépales. Ces ressemblances extérieures masquent toutefois une grande diversité physiologique, ainsi qu'il appert par la nature des substances que les divers types emmagasinent dans leurs organes souterrains: amidon, lévulosane (irisine), ou les deux à la fois. Les feuilles d'Iris ne renferment jamais normalement d'amidon. -Le nombre diploïde des chromosomes chez les Iris va de 20 à 112, en passant par les valeurs 28, 34, 38, 40, 42, 44, 48. Le nombre de base serait 2n=20, et les séries numériques sont similaires dans le groupe des espèces rhizomateuses et dans celui des espèces bulbeuses. -Le nom générique signifie arc-en-ciel; allusion à la polychromie des fleurs. PLUTARQUE dit que le mot Iris vient de la langue égyptienne et signifie: l'œil du ciel. Il s'agit évidemment d'une corruption de glaïeul. -La fleur-de-lis héraldique est probablement l'iris, bien qu'on l'ait aussi expliquée par l'abeille et le fer de lance. Le vocable fleur-de-lis est d'ailleurs souvent appliqué en France à l'Iris Pseudacorus. Ce grand lis jaune croît en abondance dans les Flandres, le long de la rivière de la Lys. En d'autres termes, fleur-de-lis serait l'abréviation de fleur de la Lys. Mais la « fleur-de-lis » avait une signification politique longtemps avant d'être adoptée par les rois de France. Elle était déjà l'un des emblèmes des empereurs byzantins. La légende veut qu'au cours de la bataille de Tolbiac, on ait porté au roi CLOVIS un bouclier rempli de fleurs d'Iris. LOUIS VII l'adopta en 1147 comme emblème national de la France. -Les découvreurs du Canada, ses pionniers et ses missionnaires élevaient partout, pour prendre possession, des croix portant la fleur-de-lis. Le drapeau fleurdelisé a flotté cent cinquante ans sur la terre canadienne, et c'est sous ce signe que la race canadienne-française a coulé les jours de son enfance héroïque et tourmentée.
-L'Iris Pseudacorus L. est introduit et croît à l'état subspontané dans quelques localités du Québec. De plus, on pourra trouver dans le sud-ouest du Québec, l'I. virginica L. 1. Iris versicolor L. -Iris versicolore. -Clajeux. -(Larger Blue-flag). Floraison printanière. Lieux humides. Général. Les fleurs de cette espèce ont une tendance à la protérandrie. Au moment où elles s'ouvrent, les anthères sont déhiscentes, mais le lobe stigmatique est si étroitement appliqué au sommet du style, que le véritable stigmate n'est pas touché par une abeille qui entre dans la fleur, d'autant plus que l'anthère en ce moment retient le lobe stigmatique contre le style. Plus tard, celui-ci s'allonge, et le lobe stigmatique, libéré de la pression de l'anthère, peut s'épanouir et devenir plus facilement réceptif. Écologiquement, l'Iris versicolor appartient à la zone intermédiaire entre le marais et le talus sec. Il est éliminé par les Typha si le terrain est trop mouillé, et par les Graminées s'il est trop sec. Il disparaît presque entièrement des régions drainées pour l'agriculture. Dans les pâturages non drainés, au contraire, l'Iris versicolor gagne tout le terrain perdu par les Graminées, sans cesse tenues en échec par la dent des bêtes.
-L'I. versicolor est essentiellement grégaire, croissant généralement en colonie de plusieurs centaines de plantes. Ces colonies ne sont d'ailleurs pas le produit direct de la multiplication végétative, par les rhizomes, d'un seul individu, comme il arrive pour tant d'autres espèces colonisatrices. Les individus de la colonie sont tellement distincts par la taille, la forme et la coloration des pièces florales, qu'au moment de la floraison, les clones, qui n'occupent guère plus que quelques mètres carrés, sont facilement délimitables. -Le rhizome contient une substance résineuse âcre, l'irisine, qui congestionne puissamment le canal digestif, le foie et le pancréas. L'action sur le foie semble être analogue à celle du Podophyllum. Le rhizome d'Iris a été largement employé à petite dose comme cathartique, vermifuge et diurétique. -On était habitué à considérer l'Iris versicolor comme l'emblème floral de la province de Québec. En effet, la fleur stylisée de cet Iris indigène est à peu près identique à la fleur-de-lis héraldique qui est probablement la stylisation de l'Iris Pseudacorus. La fleur-de-lis héraldique est un Iris tandis que le lis héraldique est un Lilium. Le choix du Lilium candidum comme emblème floral de la province semble donc avoir été basé sur une méprise.
Frère Marie-Victorin (1885-1944)
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