Le prisonnier du Rocher
légende amérindienne
Capturé au cours d'un raid d'hiver, une jeune chef Iroquois est condamné à être exposé au soleil, l'astre vénéré des Micmacs, à l'équinoxe du printemps, jusqu'à ce mort s'en suive. Les bourreaux choisissent le sommet du Rocher Percé comme lieu de supplice.
Pour la récolte des oeufs de goéland

Percé, le 24 juin 1995. Photo prise en mer 950624/5. |
les Amérindiens accèdent au sommet du Rocher Percé par une grossière échelle |
De l'hiver à l'équinoxe, Méjiga, la simple, l'orpheline de 17 ans méprisée par les jeunes braves de la tribu, visite plusieurs fois le prisonnier.
Les compagnes de Méjiga tirent les cheveux du jeune chef, lui plantent des arêtes de poisson dans les cuisses en l'appelant "fils de chien".
Méjiga le nourrit en cachette. Un jour, le jeune homme la remercie d'un tendre regard. Elle en devient éperdument amoureuse. La jeune fille décide de le délivrer et de fuir avec lui.
Pour délivrer son bien-aimé

Village de Percé et le Rocher Percé, de l'île Bonaventure, le jeudi 29 juin 1995. |
une nuit, en secret, Méjiga grimpe sur le Rocher armée d'un couteau
en bas, une pirogue chargée de vivre attend les fugitifs |
Que se passe t-il là-haut ? Le lendemain, sur la grève de l'Anse-du-Nord, on trouve le cadavre du prisonnier, la gorge ouverte. Méjiga ne reparaît jamais.
La légende veut que le Grand-Esprit, touché par le désespoir de Méjiga, l'ait changée en goéland pour lui faire oublier la mort de l'aimé, égorgé sous ses yeux.
Inconsolable, Méjiga-Goéland tourne la nuit autour du Rocher en se lamentant. |