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1946 - 1957, chemin faisant...
1964Mariage à Guy Lapointe (le 16 mai 1964), à Iberville.Nous avons deux fils Ouellette-Lapointe : Jean-Bruno (le 21 septembre 1965) 1970Après une thérapie de trois ans et demi chez le docteur Hébert Langevin, psychiatre à Outremont, j'arrête les visites.
– « Qu'allez vous faire ? », me demande le docteur Langevin. 1970, à l'Atelier du frère JérômeL'Atelier du frère Jérôme, une ancienne serre à peine réaménagée. Le charisme du Frère embrase son atelier. Cet indomptable lutteur nous ramène sans fin à l'expression de la spontanéité, de la sincérité, de la liberté.
– « Suis ton instinct. » De mes antécédents artistiques, le frère Jérôme me dit:
– « Tant mieux, t'auras pas à désapprendre ! »Je garde des souvenirs impérissables des années à l'Atelier. Découvrir la beauté à l'intérieur de soi est une aventure fantastique. Troublante. La révision des barbouillages est le moment fort des cours. En 1970, le Frère Jérôme est encore très vert, maniaco-dépressif, distrait, entouré de femmes. Il arrive parfois à l'Atelier le pantalon enfilé par-dessus le pyjama. Mes amies, filles de la ville, fréquentent la Casa Pedro, le Vieux-Montréal, Armand Vaillancourt. Cet univers me fait de plus en plus envie. Toutes ces années
chaque fois qu'un crayon et un papier me tombent sous la main
1982Brisures – apprentissages multiples – étoiles filantes.Exil – voyages sac au dos – jobines. 1987Terrible traversée du désert.1988Je me rappaille. Je m'invente.Le 7 août 1990J'écris au frère Jérôme. Pour s'excuser de ne pas se souvenir de moi, il me dit:– « T'étais ben trop insignifiante dans ce temps là ! » C'est le départ d'une correspondance assidue. D'une lettre à l'autre, portée par l'enthousiasme du Frère Jérôme, je renoue avec ma peinture. Elle jaillit forte et claire. Peinture et écriture se fondent, se dépouillent, éclatent prolifiques. La constante mouvance de mes paysages intérieurs, mes indéfectibles affections alimentent mes sources. Le 8 décembre 1990D'occasion, je me procure La Flore laurentienne. Je transcris, mot à mot, jusqu'à m'imprégner de la vision de l'auteur, le frère Marie-Victorin (1885-1944).Éblouie, éveillée par le génie, l'écriture, l'érudition, l'humanisme de Marie-Victorin, je retrouve le regard de mon enfance. À genoux, dans les fossés, les champs et les bois, je photographie la flore de mon pays. J'observe. Je note. J'apprends. Indissociables, il y a :L'écriture, depuis toujours : chroniques, correspondances, observations du quotidien. Les gens. Les villes et villages. Les rivières, le fleuve. Le jour, la nuit. La vie.
La peinture, 1970 : les productions des premières années sont le fumier
sur lequel s'enracinent les floraisons d'aujourd'hui. L'informatique : rend possible la diversité, l'accessibilité et la mémoire des appris. La botanique, le 8 décembre 1990: nomme la flore laurentienne par ses petits noms. J'admire les splendeurs, les ingéniosités de la nature, ses lois et ses forces impitoyables. La photo : milliers d'images du Québec, de sa flore, de ses eaux vives, de son majestueux fleuve Saint-Laurent, de ses lumières, de ses gens. Internet, le 24 décembre 1996: je suis en mutation dans la révolution de mon époque.
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